Aimé Césaire, Lam, Picasso « Nous nous sommes trouvés » au Grand Palais

Cette exposition, organisée dans le cadre de 2011 Année des Outre-mer, célèbre le 70e anniversaire de la fructueuse rencontre entre Aimé Césaire (1913-2008) et Wifredo Lam (1902-1982), « un coup de foudre » dira le poète, « deux artistes frères » affirmera le peintre.

Outre les toiles, eaux-fortes et dessins de Lam, elle réunit des gravures et une peinture de Picasso, deux dessins et le tableau Antille, d’André Masson (musée Cantini, Marseille), des ouvrages ou témoignages de Jean Pons, Henri Guédon et Daniel Buren inspirés par les poèmes et écrits de Césaire.

2011 inaugure aussi l’hommage voulu par l’UNESCO, qui a souhaité que soient, dans les quatre prochaines années, honorés à travers le monde les trois grands poètes du XXe siècle symbolisant « l’universel réconcilié » que sont Aimé Césaire, Pablo Neruda et Rabindranath Tagore.

Le 6 avril 2011, une Cérémonie d’hommage de la nation, et la pose d’une plaque à son nom, marquera l’entrée d’Aimé Césaire au Panthéon.

Césaire / Lam

Le 25 mars 1941, Lam réfugié à Marseille, quitte la France pour l'Amérique grâce à L'Emergency Rescue Committee et son mandataire Varian Fry, en compagnie de nombreux intellectuels et artistes fuyant le nazisme, parmi lesquels André Breton, Claude Lévi-Strauss, Anna Seghers et Victor Serge.

Lorsque le navire fait escale à la Martinique, les autorités françaises fidèles au régime de Vichy arrêtent les passagers qui resteront un mois dans l’île. D’abord consignés à résidence aux Trois-Ilets, ils peuvent ensuite rejoindre Fort-de-France où, André Breton découvre la revue Tropiques et rencontre ses fondateurs Suzanne et Aimé Césaire. La lecture du Cahier d'un retour au pays natal, publié en 1939, est pour Breton un choc ; il le qualifie de « plus grand monument lyrique de ce temps » et partage son
enthousiasme avec Lam qui nouera une amitié créatrice et indéfectible avec Césaire. Lam regagne Cuba, son île natale quittée en 1923. Inspiré par la rencontre avec Césaire et la découverte de la forêt martiniquaise d’Absalon, il peint en 1943 La Jungle, oeuvre majeure conservée au MOMA à New-York.

Vers 1981 alors que Lam, très affaibli ne peut plus peindre, il demande à Césaire de reprendre le projet Annonciation, une dizaine d'eaux-fortes de grand format (vers 1969), pour chacune desquelles il lui propose de composer un poème. En 1982 les eaux-fortes sont éditées en Italie. La même année, les poèmes de Césaire inspirés par les oeuvres de Lam sont publiés par Le Seuil à la fin du recueil Moi, Laminaire.

Un des propos de cette  exposition est de réunir côte à côte, ces puissantes gravures en couleurs et les dix poèmes d’Aimé Césaire. Des peintures de grand format conservées par le Centre Pompidou, Musée national d'Art moderne, dont Lumière de la forêt, le musée Cantini à Marseille (Le Bruit) et plusieurs oeuvres majeures, dont le très important tableau de 1942, La Réunion, I (collection particulière) viendront l’enrichir.

Par ailleurs cette exposition permettra aussi la découverte d’un inédit de Césaire (1941/45), contemporain de La Jungle et de leur rencontre.

Césaire / Picasso

Aimé Césaire et Picasso (1881-1973) se rencontrent une première fois en 1948 à l'occasion du Congrès de la Paix à Wroclaw (Pologne). En 1950 paraît le recueil Corps perdu, constitué de dix poèmes de Césaire illustrés de trente-deux gravures de Picasso.

En frontispice, un profil de Noir ceint de lauriers, et intitulé « Poète couronné », renvoie symboliquement à l'image de Césaire. Il sera repris pour l’affiche du Premier Congrès des Ecrivains et Artistes Noirs organisé, à la Sorbonne en septembre 1956, par Présence africaine. Publié aux éditions Fragrance, le recueil, non relié, a été tiré à 207 exemplaires. Les gravures ont été réalisées dans les ateliers Roger Lacourière.

Picasso / Lam

« Je ne me suis jamais trompé sur toi. Tu es un peintre. C'est pour cela que j'ai dit la première fois que nous nous sommes vus que tu me rappelais quelqu'un : moi » (Picasso à Lam).

Lorsque Wifredo Lam quitte l'Espagne en 1938, il est accueilli à Paris par Picasso qui lui présente Mirò, Breton, Eluard, Zervos, Kahnweiler, Pierre Loeb… C’est une fructueuse rencontre entre les deux hommes, que relie en outre une langue commune, qui fera aussi dire à Picasso « Lam, je crois que tu as de mon sang en toi, tu dois être un de mes parents, un primo, un cousin ».

Aimé Césaire, Lam, Picasso « Nous nous sommes trouvés »
16 mars – 6 juin 2011
Grand Palais, Galeries nationales
entrée Clemenceau

Cette exposition est organisée par la Rmn-Grand Palais dans le cadre de 2011 Année desOutre-mer. Sa présentation est ensuite programmée en Martinique et en Guadeloupe.

Renseignements sur www.rmn.fr

Categories: 
Regions: 
Departement: 

style="display:inline-block;width:468px;height:60px"
data-ad-client="ca-pub-6480370240170113"
data-ad-slot="1810141951">